Les allocutions d'accueil placent la conférence dans son contexte. L'activité de lutte antitabac en Europe et dans le cadre du Programme Europe contre le Cancer est présentée par Mme Soledad Blanco. Le Dr Anne Charlton et Cecilia Stephens décrivent ensuite le début du Réseau Européen Jeunes et Tabac, ainsi que son évolution à ce jour. Lord James Douglas-Hamilton, Ministre de la santé écossais, accueille officiellement les délégués et présente les politiques actuelles de lutte contre le tabagisme en Écosse.
L'intervention du Dr Currie comprend quatre parties: le contexte de l'enquête sur le comportement en matière de santé des enfants d'âge scolaire (HBSC), les nouvelles données sur les jeunes et le tabac et les implications des résultats, l'intérêt et les limites des données transnationales et, enfin, les plans de l'HBSC pour l'avenir.
Cette intervention du Dr Currie est suivi par celle du Professeur Tones, qui remet en question nombre des thèses sur lesquelles s'appuient les interventions de prévention du tabagisme et avance l'idée qu'il est nécessaire de dépasser notre compréhension actuelle des influences sociales et personnelles sur le tabagisme et de considérer les facteurs responsables de ces influences. Cette analyse le conduit à réévaluer les programmes existants et à conclure que les programmes verticaux sont sans doute moins efficaces que les programmes horizontaux. Ces derniers reposent sur une collaboration entre agences, prennent en compte les aspects sociaux à divers niveaux stratégiques et proposent une éducation qui renforce la prise de conscience ainsi que les aptitudes générales face à la vie. Le succès futur dépend de telles approches.
Dans la dernière intervention de cette séance, le Dr Slama explore les barrières à l'action pour la lutte antitabac et les moyens de les surmonter; elle prépare ensuite les délégués à se pencher sur cette question lors des ateliers de l'après-midi.
Points-clés
Des ateliers sont organisés afin d'examiner les barrières à une prévention efficace dont les participants ont personnellement fait l'expérience dans le cadre de leur travail. Les délégués sont invités à réfléchir à la part de responsabilité qui revient au faible niveau des connaissances, à l'insuffisance des subventions, au manque de soutien, aux aspects structurels et au manque de clarté des stratégies d'intervention. Les délégués identifient ensuite des moyens grâce auxquels le Réseau Européen Jeunes et Tabac pourrait contribuer à résoudre ces problèmes.
Points-clés
Le Dr Hein de Vries, du Programme de recherche pour la prévention du cancer ABC, université de Limbourg, ouvre cette séance avec une intervention sur le rôle de la recherche en tant qu'outil fondamental dans la planification de l'intervention. Suivent de brèves présentations faites par quatre chercheurs dont le travail illustre la manière dont la recherche peut soutenir l'intervention. Le Dr Anne Charlton examine les résultats concernant les jeunes filles et l'image de soi et suggère que cette recherche permet d'expliquer le tabagisme de cette population et pourrait étayer la planification des interventions. Le Dr Manuel Nebot présente les travaux de recherche sur le processus de diffusion d'une intervention mise en place au niveau des écoles. Le Dr Alison Bullock expose certains résultats préliminaires sur les activités extra-scolaires des jeunes, destinés à soutenir la planification du travail de prévention hors milieu scolaire, et le Dr Erkki Vartiainen examine les résultats de l'évaluation de différents types d'interventions. Enfin, le Dr Hein de Vries intervient brièvement pour présenter un projet de démonstration actuellement entrepris aux Pays-Bas.
Points-clés
Mme Danielle Grizeau, du Comité français d'éducation à la santé, préside cette séance, durant laquelle sont examinées d'autres méthodes permettant d'aborder les questions de santé avec les jeunes. Les jeux et jeux de rôle, les projets d'éducation par les pairs et les clubs antitabac sont autant de techniques mises à profit; cependant, certaines attirent davantage les jeunes que d'autres et des approches diverses sont donc nécessaires. Trois projets sont présentés à la conférence en tant que méthodes ayant été ou pouvant être utilisées dans la prévention du tabagisme chez les jeunes.
Points-clés
Pour cette séance consacrée au thème: "Jusqu'à présent, les interventions contre le tabagisme n'ont pas réussi à comprendre le point de vue des jeunes", ce sont des jeunes, des animateurs de groupes de jeunes et des praticiens de l'éducation pour la santé qui prennent la parole. Siri Kohl, jeune fille allemande représentant un groupe de jeunes qui conseillent le Sénat de Berlin, présente le point de vue des jeunes sur l'éducation en matière de tabagisme. Becky Saunders et Merlynne Francique examinent toutes deux l'éducation en matière de tabagisme dans le contexte de la philosophie et du travail avec les jeunes. Enfin, Niklas Odén, du programme Génération sans tabac, Suède, décrit leur approche de ce projet par l'éducation par les pairs. Plusieurs jeunes du club Edinburgh City Youth Café prennent part à la discussion. Cette séance est présidée par Henk Stegeman.
Points-clés
Le Professeur Albert Hirsch préside cette séance et donne l'allocution d'accueil sur les structures de la coopération internationale dans le domaine de la lutte contre le tabagisme. Cinq présentations font suite, offrant chacune un exemple de coalition opérant à un niveau particulier. Marleen Lambert, originaire de la Belgique, décrit une coalition nationale; le Dr Donatello Alesso présente une coalition de villes, le réseau des Villes sans tabac; Per Bøge et Joergen Falk décrivent une coalition entre deux organisations travaillant ensemble dans le cadre d'un programme pour les écoles danoises; Le Dr Katerina Sokou examine les travaux de recherche effectués dans des écoles en Grèce et David Rivett, de l'Organisation mondiale de la santé, décrit le travail du réseau européen des Écoles santé.
Points-clés
Le Dr Hein de Vries ouvre cette séance en résumant les points-clés de son intervention sur le rôle et les perspectives de la recherche et en présentant la tâche à accomplir, en petits groupes, par les participants. Les délégués sont répartis en groupes par pays et sont invités à examiner les points suivants:
Points-clés
Le Dr Anne Charlton préside cette séance, durant laquelle les délégués à la conférence explorent leur vision du développement futur du Réseau Européen Jeunes et Tabac. Le Dr Charlton lance le débat en passant en revue les leçons fondamentales tirées de la conférence et en indiquant plusieurs questions-clés à examiner dans les groupes d'ateliers:
Un certain nombre de manuels sont présentés à l'assemblée durant cette séance. Le Dr Annie Séquier présente brièvement une coproduction entre la France et le Portugal. Le Dr Carla Arciti présente un guide bilingue à l'usage des enseignants et publié en anglais et en italien. Un groupe de coordinateurs de clubs de jeunes non-fumeurs présente un projet commun actuellement mené par quatre clubs nationaux, sous la direction de la Ligue nationale contre le cancer (France), en vue de concevoir un guide pratique sur la prévention du tabagisme chez les enfants.
Les conclusions tirées par les délégués durant la séance 9 permettent de dégager une série de recommandations officielles (voir plus haut), qui sont soumises aux délégués et acceptées comme montrant la voie pour le Réseau Européen Jeunes et Tabac.
Les délégués ont été invités à remplir un formulaire d'évaluation à la fin de la conférence. Vingt-six de ces formulaires ont été remplis et renvoyés. Dans l'ensemble, les commentaires ont été très favorables et les notes attribuées atteignaient au moins sept (sur dix). Les délégués ont généralement jugé que le niveau des interventions était très élevé, bien que certains aient souligné que des aides visuelles plus nombreuses auraient parfois été utiles. Certaines communications ont été jugées difficiles à comprendre, notamment celles qui étaient très longues et trop théoriques. L'équilibre entre débats et séances plénières didactiques a trop penché en faveur de ces dernières. De nombreux délégués ont fait remarquer qu'ils auraient préféré un programme moins chargé mais qui laisse davantage de temps à consacrer au débat.
Des commentaires similaires ont été apportés à propos des séances d'ateliers qui, selon les délégués, étaient trop courtes pour permettre un débat satisfaisant sur des questions essentielles. Il a semblé que les interventions faites durant les ateliers détournaient l'attention de la question débattue à laquelle elles n'étaient pas toujours directement liées. La plupart des délégués ont apprécié la possibilité de dialoguer et de partager des idées, même si certains auraient préféré travailler en plus petits groupes. Des ateliers plus nombreux auraient été bienvenus.
En dépit des commentaires formulés sur la structure des ateliers et des présentations, les principaux objectifs de la conférence ont été atteints, certains plus complètement que d'autres cependant. Le rôle du réseau a tenu une place considérable et des recommandations spécifiques ont été élaborées; en revanche, les plans pour une action en collaboration ont été moins bien définis. Des barrières à l'action ont été identifiées, mais aucun plan n'est apparu visant à les surmonter.
Les animateurs d'organisations de jeunes étaient moins nombreux que les experts en promotion de la santé et les chercheurs. On peut le déplorer, notamment à la lumière des résultats présentés par Alison Bullock, qui suggèrent que ces clubs, étant fréquentés par un nombre considérable de jeunes, pourraient constituer un cadre pour les interventions de prévention. Des exemples spécifiques de projets existants dans ce cadre avec des jeunes eux-mêmes auraient été plus utiles que le cadre théorique et les initiatives de formation présentés.
Les jeunes, en tant que groupe cible, ont été représentés à la conférence par plusieurs jeunes de la région d'Édimbourg et par Siri Kohl et Rebecca Kwee venues d'Allemagne. Les délégués ont été attentifs à leur contribution et se sont montrés attachés à connaître le point de vue des jeunes sur la prévention du tabagisme. À tour de rôle, les jeunes ont répondu clairement et avec assurance aux questions qui leur étaient posées. Vicky Haylott, Ian Etherington et David Scott, de l'Edinburg City Youth Cafe, ont fait preuve de spontanéité dans leurs réponses et ont été bien soutenus par les organisateurs de la conférence. Ce débat a permis de dégager un consensus, à savoir que les adultes doivent donner aux jeunes un rôle à part entière dans le développement et l'exécution des programmes et veiller à écouter leurs points de vue. Les jeunes intervenants ont estimé que les jeunes eux-mêmes et les animateurs de groupes de jeunes étaient des éducateurs plus efficaces que les parents ou les enseignants. Les jeunes de l'Edinburg City Youth Cafe ont jugé la conférence enrichissante et ont fait part de leur intention d'organiser une conférence pour les jeunes sur des questions d'ordre sanitaire.
Toutefois, les jeunes, en tant que groupe cible, étaient sous-représentés à la conférence. Si l'on veut connaître les points de vue des jeunes, il faut trouver une alternative à la méthode qui consiste à leur demander de réagir aux points de vue des adultes. Tous les jeunes ne sont pas capables de s'exprimer avec assurance dans un contexte adulte tel qu'une conférence d'experts. Malheureusement, seuls quelques jeunes étaient présents et la plupart d'entre eux n'étaient pas en mesure d'apporter une contribution préparée; c'est pourquoi il n'a pas été possible de lancer véritablement le débat sur la question de savoir si le point de vue des jeunes est pris en compte dans la prévention du tabagisme. Les échanges ont été dominés par le souci des adultes de savoir quel type de message les jeunes estimaient approprié et n'ont pas donné aux jeunes l'occasion de définir l'ordre du jour.
Une conférence ou un séminaire, réservé exclusivement aux jeunes, pourrait susciter un éventail plus large d'opinions et de réactions si les jeunes avaient l'occasion de développer leurs points de vue grâce à des méthodes participatives. Les jeunes pourraient alors intégrer leurs conclusions à un cadre adulte, voire établir le programme des questions à débattre par les adultes.
Les objectifs de cette conférence n'incluaient
pas explicitement la participation du groupe cible ni l'intégration
de leurs points de vue. Toutefois, lors d'une autre conférence
sur le thème des jeunes et du tabac, il faudrait pouvoir
examiner et intégrer des mécanismes permettant d'assurer
que les programmes de prévention du tabagisme sont orientés
en fonction du vécu des jeunes.