Subject: Tr: TNO en français - 19/2/01 - CIGARETTES : UN CRIME ORGANISÉ - Courrier International

Ce dossier est très informatif et un des articles développe le rôle clé du CNCT.
 
PR Gérard Dubois
 
----- Original Message -----
From: Stan Shatenstein
To: Stan Shatenstein
Sent: Monday, February 19, 2001 8:28 PM
Subject: TNO en français - 19/2/01 - CIGARETTES : UN CRIME ORGANISÉ - Courrier International

=====================================
              TNO en français - 19/2/01
=====================================
 

CIGARETTES : UN CRIME ORGANISÉ - Courrier International

Lundi, 19 janvier 2001

NDLR: Un gros merci à Denis Côté, coordonnateur d'Info-Tabac, qui nous a mis sur la piste de ce dossier majeur, en couverture du numéro actuel du journal Courrier International.

Stan Shatenstein




A mafieux, mafieux et demi

Chaque année, en Europe, 30 000 tonnes de cigarettes, soit 5 % du marché, sont vendues sous le manteau. Un marché noir encouragé, semble-t-il, par quelques-uns des plus grands industriels du tabac, comme le montre l’enquête de "Newsweek". Certes, ce trafic est rendu plus aisé par les taxes importantes imposées par les gouvernements sur les cigarettes... Alors que le nouveau ministre délégué à la Santé, Bernard Kouchner, veut durcir la loi Evin, il est bon d’ouvrir les yeux sur la réalité de cet enjeu mondial : les cigarettiers n’ont aucun scrupule à contourner les lois et les douanes, à cibler de nouveaux consommateurs, les femmes en premier lieu, les pays du tiers-monde ensuite. Mais, plus intéressant encore, cette contrebande de cigarettes montre combien sont parfois étroits les liens entre économie “blanche” et économie grise ou noire, entre les multinationales et les réseaux mafieux, entre les criminels et les notables. En Chine aussi, selon le "Sanlian Shenghuo Zhoukan", le crime organisé se développe de nouveau grâce à la collaboration active d’un certain nombre “de médecins, de juristes et de cadres [du Parti] corrompus”, qui jouent le rôle d’écrans protecteurs. En Europe, les circuits des cigarettes, qui passent majoritairement par les Balkans et l’Italie, couvrent aussi des trafics d’armes, de drogue et de main-d’oeuvre, avec l’aide de certains banquiers habiles blanchisseurs... Plus qu’une mafia clandestine à l’ancienne, on doit craindre le devenir mafieux des sociétés dans leur ensemble.

Philippe Thureau-Dangin


Trafics : L’inquiétante association des cigarettiers et des mafias

Les routes du commerce illégal

"Newsweek" (extraits) (New York)

Les fabricants de cigarettes encourageraient la contrebande. Autrement dit, ils favoriseraient les mafias criminelles qui s’enrichissent de ces trafics aussi lucratifs que celui des drogues dures.

L’année 1993 avait été particulièrement faste pour Leslie Thompson. Ce cadre commercial vedette de Northern Brand International (NBI), une minuscule entreprise d’export de quatre personnes qui appartient au géant du tabac RJR Nabisco, avait vendu la quantité stupéfiante de 8 milliards de cigarettes et réalisé ainsi environ 60 millions de dollars de bénéfices. Il avait effectué une marche triomphale dans l’entreprise sous les acclamations des dirigeants, auxquels son travail avait valu des primes importantes, et il arborait une Rolex au poignet, cadeau de grossistes reconnaissants.

Aujourd’hui, le nom de Thompson ne déclenche plus l’enthousiasme dans l’industrie du tabac : les procureurs fédéraux s’apprêtent à lui poser quelques questions, ainsi qu’à quelques autres, sur la face cachée du commerce de cigarettes. En effet, un grand jury fédéral de Caroline du Nord est en train d’examiner des informations explosives sur les liens entre l’industrie du tabac et la contrebande mondiale qui permet de faire franchir les frontières à d’énormes quantités de cigarettes sans payer de taxes. C’est un secteur qui rapporte plusieurs milliards chaque année.

Les gouvernements du monde entier s’attaquent aujourd’hui aux cigarettiers et cherchent à leur faire porter la responsabilité du coût de la contrebande : des milliards de manque à gagner en taxes, une violence en expansion et le peu d’effet des campagnes antitabac destinées aux jeunes. Au cours des huit derniers mois, le Canada, la Colombie et l’Equateur ont entamé des poursuites contre les compagnies de tabac américaines sur la base des lois américaines antiracket. La Grande-Bretagne, l’Italie et la Chine procèdent également à des investigations intensives. Les enquêteurs canadiens et européens collaborent étroitement avec leurs homologues américains pour monter leurs dossiers. C’est le point de départ de cette bataille contre les géants du tabac.

Les patrons de l’industrie du tabac reconnaissent que la contrebande de cigarettes constitue un problème, mais ils démentent catégoriquement toute implication dans la vente ou le transport illégaux de leurs produits. Les dirigeants de R.J. Reynolds déclarent que leur société a été complètement réorganisée et n’est absolument pas responsable des agissements du défunt NBI. Ils assurent n’avoir rien su des activités illégales de Thompson. Celui-ci aurait travaillé en solo, les aurait tous trompés et jeté la honte sur toute l’industrie.
Philip Morris nie également toute complicité avec les contrebandiers. “Notre politique est claire et sans ambiguïté”, déclare leur porte-parole, Donald Harris. “Philip Morris n’excuse, ne facilite ni ne soutient la contrebande de cigarettes, et coopère volontiers avec les gouvernements dans leurs efforts pour empêcher le commerce illégal de ses produits.” Les compagnies de tabac soutiennent qu’elles ne devraient pas être tenues pour responsables de ce qu’il advient de leurs produits une fois qu’ils sont vendus - pas plus qu’un fabriquant de postes de télévision ou un coiffeur ne l’est.

Si la contrebande de cigarettes se porte si bien, c’est, selon elles, parce que les taxes élevées qu’on leur impose provoquent inévitablement l’apparition d’un marché noir. La contrebande, jadis une activité simple et discrète, est devenue une entreprise sophistiquée et souvent sanglante. En Italie, les contrebandiers conduisent des 4x4 blindés et stockent leur marchandise dans de vastes entrepôts clandestins. Dans certains pays comme la Chine et la Colombie, la majorité des cigarettes consommées sont des produits de contrebande. En 1994, les hommes politiques canadiens ont été tellement horrifiés par l’impudence des contrebandiers que le gouvernement a réduit les taxes sur les cigarettes pour faire baisser la demande pour les produits de contrebande. Et ça a marché.

Les autorités colombiennes cherchent à établir ce que sait Philip Morris des milliards de Marlboro introduites chaque année clandestinement dans leur pays. Selon la police, seules 3 % des Marlboro consommées en Colombie ont passé la douane. Les autorités provinciales colombiennes ont déposé une plainte auprès du tribunal fédéral de New York, alléguant que les dirigeants de Philip Morris “ont mis en place et orchestré une stratégie de contrebande de cigarettes à l’échelle mondiale”, faisant passer leurs produits par un réseau de filiales établies dans des pays disposant de ports francs, tels qu’Aruba, la Suisse et les Pays-Bas. Un porte-parole de Philip Morris a jugé cette plainte “aussi inconsidérée que provocante”. Les responsables de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) attribuent d’ailleurs à Philip Morris une “farouche volonté” de s’attaquer au problème de la contrebande internationale.

En Italie, le trafic de cigarettes a pris un tour particulièrement violent. Début 2000, des contrebandiers opérant avec des vedettes pleines à craquer débarquaient chaque nuit jusqu’à 7,5 millions de paquets de cigarettes sur les plages du pays, essentiellement dans le Sud. “La contrebande n’est plus ce qu’elle était”, déplore Biaggo Delacia, un policier italien qui pourchasse depuis trente-six ans les trafiquants de la Mafia en Italie du Sud. Avant, explique-t-il, “ils déchargeaient un bateau et cachaient les caisses dans les fourrés”. Aujourd’hui, l’opération est bien plus compliquée et dangereuse. Les contrebandiers ont construit derrière de faux murs de retenue et sous le couvert des oliveraies des entrepôts, dont certains sont assez grands pour accueillir une demi-douzaine de camions. Ils protègent leurs convois en les encadrant de 4x4 blindés dont les pare-chocs avant et arrière sont transformés en redoutables béliers. Rien ni personne ne les arrêtent. Dans un pays où le port d’arme illégal est lourdement sanctionné, ils utilisent souvent leur véhicule comme une arme. En février 2000, deux policiers sont morts écrasés par la Jeep qu’un contrebandier a lancée contre leur voiture. Le gouvernement italien a réagi en envoyant en renfort dans la région 2 000 hommes armés jusqu’aux dents.

Dans le même temps, la Grande-Bretagne renforce son dispositif de contrôle des frontières. Pour tenter de tenir les trafiquants de cigarettes à distance, elle a créé 1 000 postes de douaniers. En 1999, les autorités ont saisi 1,6 milliard de cigarettes au port de Felixstowe, sur la mer du Nord. Une cargaison était arrivée dans des caisses censées renfermer des sapins de Noël. Mais les douaniers ont compris qu’il y avait anguille sous roche en voyant que les caisses venaient d’Inde - et qu’elles n’arrivaient que pour le Nouvel An.

La presse britannique, dont la curiosité avait été piquée par la divulgation de documents internes à l’entreprise, s’est également penchée sur le rôle présumé de la société
British American Tobacco (BAT) dans les opérations de contrebande sur les pays étrangers. La Chambre des communes a demandé l’ouverture d’une enquête officielle sur ces allégations. Fondées sur une série de documents révélés par des ligues britanniques antitabac, elles affirment que BAT a tout mis en oeuvre pour créer de nouveaux débouchés en encourageant la contrebande. Ces pièces, extraites d’une énorme pile d’archives, laissent effectivement à penser que la société connaissait exactement la quantité de cigarettes passées en contrebande. Le plan marketing 1993-1997 de l’une des principales filiales de BAT prévoyait des bénéfices issus de “ventes diverses”.

Ce document détaille des projets de “développement de [notre] activité” dans des pays de “ventes diverses” tels que la Chine et le Vietnam, où la plupart des cigarettes étrangères relèvent du marché noir. Or, soulignent les militants antitabac, dans le jargon du métier, le terme de “ventes diverses” désigne les cigarettes de contrebande. Ils s’intéressent également à un autre document du BAT qui tendrait à prouver que l’entreprise a étroitement supervisé le trafic de ses marques. Certaines notes démontrent en effet qu’elle suivait les filières par lesquelles la marchandise entrait au Vietnam : “Marins : 40 % ; pêcheurs : 25 % ; contrebandiers (par voie de mer) : 35 %.” Le BAT nie catégoriquement avoir enfreint la loi. Les cigarettiers s’empressent de souligner qu’à l’exception de Thompson aucun dirigeant du secteur du tabac n’a été inculpé de délits liés à la contrebande.

Les enquêteurs et les plaignants en sont encore à peaufiner leurs dossiers, car une longue expérience des affrontements avec les implacables avocats du lobby du tabac leur a appris qu’il valait mieux attendre que partir trop tôt. Depuis l’inculpation de Thompson, d’autres anciens dirigeants de groupes cigarettiers ont coopéré avec les autorités canadiennes, américaines et européennes. Thompson était le premier à se retrouver en prison, mais, étant donné le nombre de personnalités importantes formées à cette activité, il y a fort à parier qu’il ne sera pas le dernier.

Christopher Dickey et Ron Nordland


France : La SEITA condamnée

"Salon" (San Francisco)

En reconnaissant la responsabilité partielle du cigarettier dans la mort d’un fumeur de Gitanes, un tribunal français vient d’ouvrir une vraie boîte de Pandore.

Le 8 décembre 2000, le tribunal de Montargis a jugé la SEITA partiellement responsable de la mort d’un fumeur. Richard Gourlain, décédé des suites d’un cancer à 49 ans, fumait 3 paquets de Gitanes par jour depuis plus de trente ans. Ce verdict sans précédent pourrait bien faire l’effet d’une bombe. Pour certains, il s’agit également d’une illustration supplémentaire de l’américanisation de la société française. Même les Américains sont d’accord, tout dépend de quel côté ils se placent. Ainsi, selon Michael York, avocat de Philip Morris, “les procès du tabac sont sans doute l’exportation la plus lamentable de l’économie américaine”.

D’autres procès sont en instance de jugement. La caisse d’assurance maladie de Saint-Nazaire a assigné en justice la SEITA, et lui réclame le remboursement des millions de francs dépensés pour soigner les affections liées au tabagisme - affections qui ont coûté plus de 100 milliards de FF à la Sécurité sociale et entraîné la mort d’environ 60 000 personnes.

Me Francis Caballero est à la tête de ce mouvement. Qualifié parfois dans la presse de “méchant et sournois”, cet avocat à l’énergie agressive attribue en partie son enthousiasme procédurier à son séjour au Center for Law and Social Policy, une organisation non gouvernementale influencée par Ralph Nader. “Je suis un battant, confie Me Caballero. Les Etats-Unis me passionnent, et je n’hésite pas à utiliser la loi comme un instrument de changement social. C’est un concept aux antipodes des mentalités françaises.” Me Caballero est également avocat pour le Comité national contre le tabagisme (CNCT), seule organisation militante de ce genre. Entre la SEITA, multimilliardaire, et le CNCT, largement dépendant du bénévolat, le face-à-face s’apparente au combat de David contre Goliath. Mais le CNCT ne plie pas, et Me Caballero n’a pas hésité à se mesurer presque seul à ce bastion inattaquable qu’est l’industrie européenne du tabac.

“Nous dénonçons catégoriquement l’américanisation de la vie française par ces machinations judiciaires”, s’exclame J.-P. Truchot, porte-parole de la SEITA et du Centre de documentation et d’information sur le tabac (CDIT). “Cette forme inacceptable de fascisme sanitaire est directement importée des Etats-Unis. En France, c’est une véritable aberration.” Ces stéréotypes culturels simplistes peuvent peut-être expliquer pourquoi le CNCT représente aujourd’hui plus de 500 individus dans des procès liés au tabac, comme cette femme renvoyée de son emploi dans un kiosque à journaux parce qu’elle refusait de vendre des cigarettes à un adolescent de 12 ans (il n’y a pas de limite d’âge en France) ou cet homme qui travaillait dans les bureaux parisiens d’une grande compagnie aérienne américaine et avait passé près de dix ans à essayer - en vain - de convaincre la direction d’appliquer la loi Evin. “Les Français préfèrent faire l’autruche, regrette J.-P. Truchot. C’est une pathologie bien française.”

Cette pathologie française se reflète dans l’attitude schizophrénique du gouvernement français. Aujourd’hui, la SEITA a été privatisée, mais le gouvernement français récolte encore plus de 90 milliards de FF en taxes sur les cigarettes. Près de la moitié de ces sommes permettront de financer ce que le Premier ministre français appelle “la mesure sociale la plus importante de ce nouveau millénaire”, c’est-à-dire la semaine de trente-cinq heures.

Ainsi, seule une infime partie des revenus du tabac sera investie dans des programmes de prévention du tabagisme.

Debra Ollivier


 
Tiers-monde : Les femmes, nouvelle cible des cigarettiers
 

"The Village Voice" (extraits) (New York)

La consommation baisse dans les pays riches. Pourtant, les bénéfices des fabricants augmentent, notamment grâce à une offensive perverse dans les pays en développement.

"Si l’on ne met pas rapidement un frein aux assauts marketing de l’industrie du tabac, il y aura bientôt une crise mondiale de la santé de très grande ampleur”, affirme Matt Myers, président de Tobacco-Free Kids. Il y a aujourd’hui dans le monde environ 1 milliard de fumeurs, dont 236 millions, soit seulement 12 %, sont des femmes. Mais, en 2025, ce chiffre devrait avoir triplé. Plus de 80 % de ces nouvelles fumeuses vivront dans des pays du tiers-monde, où les soins sont limités et l’infrastructure insuffisante pour un diagnostic précoce du cancer.

Cela ne semble pas gêner les industriels du tabac, qui s’emploient à conquérir de nouveaux marchés afin de compenser leurs pertes sur les marchés traditionnels. Chez les hommes des pays industrialisés, on compte actuellement 39 % de fumeurs, une forte chute puisqu’il y en avait 70 % il y a quelques décennies. De même, seulement 23 % des femmes nord-américaines majeures fumaient dans les années 90, contre un maximum de 33 % dans les années 60 et 70. Dans le tiers-monde, 59 % des hommes fument. Pour les femmes, le taux, aujourd’hui de 9 %, augmente parallèlement à la prolifération de publicités de style américain pour le tabac. Cette augmentation a des répercussions financières nettes : les bénéfices internationaux de Philip Morris ont augmenté de 256 % au cours des dix dernières années, tandis que les bénéfices sur le marché étasunien n’augmentaient que de 16 %.

Les fabricants de tabac ont commencé à s’implanter dans les pays en développement au début des années 70, mais ils se concentraient alors sur la population masculine. Les femmes étaient considérées à l’origine comme un marché secondaire, en partie à cause des réticences de la société (seules les “mauvaises filles” fumaient), mais aussi parce qu’elles n’avaient pratiquement pas de revenus. Les fabricants se consacraient donc à des marchés féminins potentiellement plus lucratifs, en Europe et aux Etats-Unis, où ils commercialisaient des “marques féminines” en les associant au mouvement féministe, à l’époque en plein essor. “You’ve Come a Long Way, Baby” [“Tu as fait du chemin, ma belle”], était devenu le slogan de toute une génération de femmes qui ont commencé à travailler dans les années 60 et 70.

Trente ans plus tard, l’industrie du tabac recycle ce message “cigarette = femme libérée” dans le tiers-monde. Sur les affiches illustrant cette prétendue “prise de pouvoir”, on voit une femme svelte qui lance des regards ambigus. Elle pourrait être asiatique ou européenne et elle enlace un bel homme aux cheveux blonds. Sous la photo, les mots “BE YOU” [“Soyez vous-même”] sont écrits en gras et en majuscules. Malgré le paradoxe apparent qui consiste à dire à des femmes asiatiques et africaines d’être elles-mêmes dans des publicités qui présentent une esthétique clairement occidentale, les campagnes de ce style sont terriblement efficaces. Selon Nancy Kaufman, vice-présidente de la fondation Robert Woods Johnson, “ces pays souhaitent plus que jamais imiter les Etats-Unis, et il est donc facile pour les industriels du tabac de faire jouer les idées de liberté et de rébellion dans leurs publicités”.

Non seulement les fabricants de tabac exploitent le lien entre tabagisme et indépendance, mais, de plus, ils choisissent délibérément pour leurs campagnes de publicité des images qui associent le tabac à une bonne santé. “Je fais ce qui me plaît !” proclame une autre publicité, sur laquelle une jeune femme blonde en pleine forme prend un cours de boxe. Aux Etats-Unis, la majorité du public sait que cette femme augmente ses risques d’atteintes pulmonaires. En revanche, en Chine - pays où vivent le plus de femmes potentiellement fumeuses -, une étude récente montre que deux femmes sur trois pensent que le tabac est inoffensif.

Malheureusement, dans les pays en développement, les fabricants de tabac ne sont soumis à aucune obligation réelle de mentionner les risques. Même dans les pays où il est obligatoire de placer un avertissement sur les paquets, ils ne sont pas tenus d’être explicites : c’est ainsi qu’en Thaïlande le seul avertissement visible pendant des années a été “Fumer provoque l’impuissance”. De plus, il n’y a presque aucune loi interdisant les publicités à la télévision ou sur les panneaux d’affichage, aucune obligation pour les compagnies de révéler le montant de leurs dépenses en lobbying et peu de restrictions sur la promotion. Il est donc tout à fait légal d’offrir des panneaux de signalisation à un petit village, puis de les recouvrir de logos de marques de cigarettes.

“L’une des choses les plus tristes que nous ayons apprise”, déplore Matt Myers, faisant allusion à la progression du tabagisme depuis cinquante ans en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays méditerranéens, “c’est que, si les femmes fument comme les hommes, elles meurent comme les hommes.” Les taux de cancers du poumon et de maladies cardiaques chez les femmes sont en pleine explosion dans les pays développés. Aux Etats-Unis, le cancer du poumon tue plus de femmes que celui du sein. Les femmes qui fument et prennent une pilule contraceptive augmentent leurs risques d’accident vasculaire cérébral et de cancer. Quant aux marques “légères”, destinées presque exclusivement aux femmes, elles peuvent causer des carcinomes graves des tissus pulmonaires. Les femmes fumeuses souffrent plus fréquemment d’ostéoporose et de cancers du col de l’utérus, sans parler des risques de stérilité et des complications pendant la grossesse.

“Nous avons bien entendu remarqué que les industriels du tabac se tournent actuellement vers des pays où les droits individuels sont peu protégés, souligne Nancy Kaufman. Ils pensent ainsi que les femmes de ces pays ne leur intenteront pas de procès avant très longtemps.”

Ginger Adams Otis



Le rapport conjoint de l'OMS et de la Banque mondiale prône contre le tabagisme l'augmentation des taxes (en français et en anglais)

L'économie de l'antitabagisme Une étude menée par le FMI, mais qui ne tient pas compte de la contrebande (en anglais)

La Convention-cadre pour la lutte contre le tabagisme (FCTC), adoptée par l'Organisation mondiale pour la santé (OMS), a ouvert la voie à des négociations politiques multilatérales (en anglais)

L'Initiative pour un monde sans tabac, créée par l'OMS, propose un site très complet (en anglais)

Le Centre pour l'intégrité publique dénonce l'implication de la British American Tobacco dans la contrebande (en anglais et en espagnol)

Le Centre pour le contrôle médical diffuse de nombreux documents sur les multinationales du tabac (en anglais)

Les femmes et le tabagisme : le cas des banlieues noires d'Afrique du Sud (en anglais)

La lutte contre le tabagisme en Thaïlande (en anglais et en thaïlandais)

Au Canada, l'Association pour les droits des non-fumeurs mène de front la lutte contre le tabagisme et la contrebande (en français et en anglais)

La législation française contre le tabagisme (en français)

La SEITA dispose de deux sites Internet : l'un à l'usage des professionnels distributeurs et l'autre pour les particuliers (en anglais et en français)

Texte de l'assignation de la SEITA devant le tribunal de grande instance (en français)

 
 

===========================================
Tobacco News Online is supported by SHAF,
a subsidiary foundation specializing in tobacco research
for the Non-Smokers' Rights Association (NSRA).
To contact SHAF or the NSRA directly, please write to:
toronto@nsra-adnf.ca
Visit the NSRA website:
http://www.nsra-adnf.ca/
 
Stan Shatenstein, Editor - Tobacco News Online
5492-B Trans Island, Montreal, Quebec, Canada H3W 3A8
Tel: (1) 514-486-1243 Fax: (1) 514-486-6894
E-mail:
shatensteins@sympatico.ca
===========================================